Défilé n°7, Houris, Rêves de Martyrs

 

 

Houris, Rêves de Martyrs, 2014 Défilé/Performance, MMK Frankfurt

« Houris » prend sa genèse dans le « paradis musulman », tel qu’il est décrit dans les textes interprétatifs accompagnant le Coran. Ces textes écrits par des hommes, reflètent leurs propres fantasmes : les Houris, 72 vierges parées de voiles blanc qui attendent les promis au plaisir de tous les sens.

Au paradis, le sol est fait de musc, la brise exhale cette même senteur, les rivières sont d’eau pure, de lait, de miel et de vin. Les dimensions sont grandioses. Les arbres prodiguent leur ombrage sur une surface valant mille années de marche et lorsqu’un fruit est cueilli, ils en produisent aussitôt un nouveau…

Comme Dante décrivait sa propre vision de l’enfer et du paradis, c’est cette description, cette interprétation de l’idée de paradis qui m’interpelle et m’inspire cette mise en scène.

Le matériel auquel je me réfère dans ma représentation de tableaux du paradis musulman provient des traditions(Hadith) et de l’exégèse coranique. Dans ces textes, c’est la jouissance du regard, le plaisir voyeuriste qui dépassent les autres, même si les plaisirs du paradis sont polymorphes et engagent tous les sens.

Dans l’histoire de l’art, on a perpétuellement interprété des auteurs, des textes pour les mettre en images (par exemple La Divine Comédie de Dante transposée par Botticelli). C’est cette liberté interprétative que je m’accorde pour livrer ma vision de ce  paradis, sous forme d’une performance, puis d’une installation.

Majida Khattari