Défilé n°6, Emama

 Emama, Institut du Monde Arabe, 2012

En premier lieu, « Emama » rejoint deux préoccupations récurrentes à l’œuvre chez Majida Khattari : la réflexion sur le sens et la symbolique du vêtement et de la parure d’une part, et la référence à la peinture classique d’autre part.

Dans ses défilés-performances, comme dans ses photographies, Majida Khattari questionne le rapport du corps avec le vêtement, qui le sublime, le masque ou le contraint. (…) Les constantes références à l’Histoire de l’Art dans l’œuvre de Majida Khattari témoignent de son amour pour l’iconographie et la peinture classique, et plus encore de son intention de reformulation plastique de cette Histoire. (…) Puis, le turban développe une forte suggestion symbolique, signe d’appartenance religieuse généalogique d’abord, mais aussi sorte de « siège visible » de la spiritualité, de l’élévation intellectuelle, de la connaissance, de la vertu et de la sagesse. Un hadith affirmerait d’ailleurs que « la prière avec un turban équivaut à 70 prières sans turban ». En outre, dans l’iconographie classique occidentale d’origine chrétienne, le thème de la « vanité », notamment au travers de la représentation du crâne, est traditionnelle. Et, d’une certaine manière, ces turbans pourraient être interprétés comme des formes de vanités orientales, de « memento mori », ceux-ci devant rituellement prendre la fonction de linceul le cas échéant.

Extrait du texte Emama, de Marie Deparis-Yafil